Sunday, October 22, 2006

«Sunny, modern Morocco»

On regrettera que la MAP et «Le Matin» n’aient pas repris en chœur ce formidable coup de pub, Cela a dû donner du baume au cœur à tous les «marketeurs» du royaume : les deux newsmagazines
Image généralistes les plus populaires des Etats-Unis, Newsweek et Time ont commis la même semaine deux articles très laudateurs sur le Maroc dans leurs éditions européennes. Time ouvre le bal avec un reportage fort sympathique sur l’attrait de plus en plus prononcé du royaume sur tous les porteurs européens de carte vermeille. Il faut dire que le phénomène s’est accentué ces dernières années à la faveur de l’arrivée, au seuil du troisième âge, d’une cohorte de baby-boomers argentés et de l’envolée des prix de l’immobilier en Europe du Sud, notamment sur la très bétonnée Costa Del Sol. Le Maroc est donc devenu par sa proximité géographique et son légendaire soleil le nouvel Eldorado d’une génération de retraités qui y achètent à tours de bras riyads, villas et appartements aux superficies de rêve. La hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité qui lamine plus que jamais une classe moyenne paupérisée (lire notre dossier en pp. 28-31) n’est pour eux que broutille tant leur pouvoir d’achat est, comparé à la moyenne nationale, stratosphérique.
Quant à Newsweek, qui reprend cette bonne vieille thématique du soleil dardant ses rayons 300 jours par an, son analyse sur le royaume chérifien est à tomber à la renverse. Un reportage, étalé sur quatre pages à l’iconographie bien léchée, nous raconte, dans un style que les Orientalistes du XIXème siècle n’auraient pas désavoué, que le Maroc a «adopté des réformes politiques, judiciaires et économiques aux normes européennes». Pour le prouver, Newsweek cite le patron local de la Banque mondiale qui n’hésite pas à affirmer que le royaume est «complètement intégré au reste du monde». Ce n’est pas tout. Emballé par les «signes de l’Occidentalisation que l’on voit partout», l’auteur du reportage se risque à dire sans nuances que «le gouvernement actuel est le plus démocratique qu’a connu le pays dans toute son histoire». Et d’ajouter : «l’année prochaine, des élections porteront au pouvoir, et pour la première fois (sic !) , un Premier ministre populaire, alors que jusqu’ici le gouvernement a été directement nommé par le roi». Enfin, Newsweek s’extasie de relever que les cas de torture et d’arbitraire «ne sont plus qu’occasionnels». «Nous nous sommes tous jurés plus jamais ça !» dira même un Driss Jettou enthousiaste. Pour finir, l’hebdomadaire s’interroge même sur l’éventualité de voir le Maroc rejoindre l’Union européenne, un rêve caressé en son temps par Hassan II et qui serait aujourd’hui «envisageable». On regrettera que la MAP et «Le Matin» n’aient pas repris en chœur ce formidable coup de pub…

d'Ali Amar

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